
Journée nationale de l'alimentation à l'hôpital
Une étude révèle que les Français mangent mieux, mais certaines régions font mieux que d’autres. Les habitudes alimentaires régionales sont connues pour être fortement ancrées. L’utilisation des matières grasses en est un exemple marquant, le Nord et l’Ouest consommant davantage de beurre, tandis que le Sud et l’Est privilégient les huiles. D’autres caractéristiques se détachent : les habitants du Nord consomment davantage de pommes de terre et d’aliments sucrés, ceux du Sud des légumes. Entre l’Est et l’Ouest, les différences concernent plutôt les produits laitiers (laits, produits laitiers frais et entremets à l’Ouest, fromages à l’Est) et le niveau de transformation des aliments.
Les résultats de l’étude INCA 2 vont être exploités par l’Afssa et par d’autres organismes de recherche dans les années à venir à travers de multiples travaux allant de l’estimation des apports nutritionnels de la population, à l’évaluation des risques liés à la présence de résidus de pesticides dans les aliments, en passant par l’appréciation quantitative de risque en microbiologie, ou encore la surveillance des consommations d’additifs alimentaires.
L’Agence a d’ores et déjà entrepris d’exploiter ces données en réalisant notamment des études sur les liens entre le surpoids, l’activité physique ou les facteurs socio-démographiques, les apports de la population en acides gras trans ou encore l’estimation des apports en énergie, protéines, lipides, glucides, calcium et vitamine C des menus servis en restauration scolaire. L’étude INCA 2 est également un outil de choix pour les chercheurs, professionnels et industriels qui peuvent d’ores et déjà accéder aux données pour les analyser en lien avec leurs besoins.
Ces habitudes de consommations impactent naturellement les apports en nutriments, vitamines et minéraux. Ainsi les variations régionales de consommation de matières grasses se traduisent par des apports en acides gras mono et poly-insaturés et en vitamine E supérieurs dans le Sud (l’huile en étant un vecteur important), et d’acides gras saturés supérieurs dans le Nord et l’Ouest (le beurre étant le premier vecteur d’acides gras saturés). Du fait d’une consommation plus importante de légumes, les apports en de nombreux micronutriments sont également plus élevés au Sud.
Concernant l’obésité et l’activité physique, un gradient significatif s’établit entre le Nord et le Sud. En particulier, la proportion d’adultes atteignant un niveau d’activité physique bénéfique à la santé est plus faible au Nord de la France, et les prévalences d’obésité y sont plus élevées : 14,4% au Nord contre 10,4% au Sud.
Qui mange quoi ?
En 2006/2007, les adultes ont consommé en moyenne chaque jour un peu plus de 2,7 kg d’aliments et de boissons. Ce qui représente en moyenne près de 2200 kcal, (1855 kcal/j pour les femmes et 2500 kcal/j pour les hommes). Plus de la moitié de ces prises alimentaires sont absorbées sous forme liquide.
Comparées aux hommes, les femmes sont plus nombreuses à consommer des produits laitiers frais, du poisson, des fruits, de l’eau, des boissons non alcoolisées et des produits sucrés tels biscuits, pâtisseries et gâteaux, glaces et chocolat. Quant aux hommes, leur assiette contient davantage de viandes, charcuteries, pommes de terre, fruits secs, et leur verre, plus de boissons alcoolisées.
Des habitudes alimentaires différentes se dessinent également avec l’âge. Globalement, les adultes les plus âgés s’adonnent davantage à l’activité culinaire que les plus jeunes générations, et la composition des repas en témoigne : les jeunes adultes se nourrissent plutôt d’aliments transformés ou nécessitant peu de préparation, telles les céréales pour petit déjeuner et les pizzas. Leurs aînés consomment pour leur part davantage de produits bruts (oeufs, poissons, fruits et légumes) et d’aliments traditionnels, comme le pain, le fromage et les soupes.
Quant aux enfants de 3 à 17 ans, ils consomment en moyenne un tiers d’aliments en moins que les adultes soit près d’1,8 kg d’aliments et de boissons par jour. Les garçons, qui présentent de plus forts apports énergétiques que les filles, mangent davantage de céréales, féculents, produits laitiers, viande et aliments de type « snacking ».
Quand et avec qui mange-t-on ?
En 2007, le rythme traditionnel français de trois repas principaux, auxquels peut s’ajouter un goûter, persiste globalement. Néanmoins, les jeunes adultes et les adolescents ne prennent pas systématiquement de petit-déjeuner. Ces différences entre les classes d’âges se sont accentuées en 2007. Pour autant, en France, le repas, comme en 1999, reste un moment de convivialité très fortement associé à la famille. Et, si la famille n’est pas présente, le repas est partagé avec des amis ou des collègues.
Source : dossier presse de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments