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Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina ensemble

marc-ravalomananaLes principaux protagonistes de la crise malgache, qui campaient chacun sur sa position, se sont enfin résolus à mettre balle à terre. En effet, depuis le mercredi 5 août 2009, les anciens présidents Albert Zafy, Didier Ratsiraka et Marc Ravalomanana, et l’actuel chef de la Haute autorité de transition, Andry Rajoelina, ont renoué le dialogue à Maputo, la capitale mozambicaine.

En réussissant ce pari de les mettre autour d’une même table, le Groupe de contact international, par cette initiative, vise une transition consensuelle dans la grande Ile. Ce pays, qui est coutumier aux remous politiques, connaît à nouveau, depuis janvier 2009, une tempête qui a emporté Marc Ravalomanana, venu au pouvoir suite à des manifestations populaires.

Son rival Andry Rajoelina, qui s’est autoproclamé leader de la Haute autorité de transition, exerce aujourd’hui la réalité du pouvoir à Antanarivo, sur les tombes d’une centaine de ses concitoyens. Exilé en Afrique du Sud, son concurrent, Marc Ravalomanana, ne s’avoue pas vaincu. Il tire toutes les ficelles pour retrouver son fauteuil. Le temps a-t-il fini par assagir les principaux protagonistes de la crise malgache ?

Rien n’est moins sûr, eux qui, à l’entame des pourparlers le 5 août dernier à Maputo, ont oublié la première des civilités, à savoir se serrer la main. Même s’ils se sont rattrapés pour les photographes, ce comportement n’est-il pas symptomatique de l’état d’esprit qui les anime ? Qu’à cela ne tienne, l’espoir est permis avec l’engagement remarquable de la communauté internationale.

En effet, elle n’est pas restée indifférente à la situation, puisque, en plus des condamnations de l’attitude du nouvel homme malgache, les Etats-Unis d’Amérique et l’Union européenne ont décidé de suspendre leurs aides à la grande Ile jusqu’à un retour de la situation à la normale. A cela s’ajoute la mobilisation des grandes institutions comme l’Organisation internationale de la Francophonie, l’Union africaine et l’Organisation des Nations unies pour une sortie de crise à Madagascar.

Les acteurs de la crise n’ont donc pas eu le choix, avec la pression grandissante, que d’aller au dialogue pour s’accorder sur la charte de transition qui devrait conduire le pays vers de nouvelles élections. En tout cas, ce qui est sûr, les regards de leurs compatriotes, qui attendent désespérément le retour de la paix depuis maintenant plusieurs mois, sont tournés vers Maputo.

La médiation internationale, dirigée par l’ancien président mozambicain, Joaquim Chissano, parviendra-t-il à amener les quatre leaders des mouvances politiques malgaches à signer la paix ? En attendant les conclusions, nombre d’observateurs de la scène politique malgache se félicitent déjà de la tenue même de ces négociations sur cette crise qui a assez troublé le sommeil du peuple de la Grande Ile de l’océan Indien.

Hamidou Ouédraogo/ L’Observateur

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