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Des traces de pesticides dans les urines de femmes enceintes

Des traces de pesticides dans les urines de femmes enceintes

Des traces de pesticides dans les urines de femmes enceintes

L’Institut de veille sanitaire (InVS) a publié mardi les résultats d’une étude révélant que des traces de pesticides ont été décelées dans les urines de femmes enceintes plusieurs mois après leur exposition.

Des traces de pesticides ont été décelées dans les urines de certaines femmes enceintes bretonnes, dans certains cas plusieurs mois après leur exposition, selon une étude publiée mardi dans le dernier numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH)  de l’Institut de veille sanitaire (InVS). L’InVs cite une étude une étude menée par une équipe de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) de Rennes à partir d’un échantillon d’environ 500 femmes en début de grossesse, observée en Bretagnev de 2002 à2006.

Les chercheurs de l’Inserm se sont d’abord interessés aux herbicides de la famille des triazines appliqués directement sur le sol, qui agissent en bloquant la photosynthèse. Ils pénètrent par absorption radiculaire et sont véhiculés par la sève brute. Dans certains cas leur persistance peut ainsi atteindre 6 à 12 mois.

L’atrazine est un herbicide interdit en France mais utilisé dans un grand nombre de pays pour le traitement en pré et post-émergence des mauvaises herbes dans de nombreuses cultures annuelles ou pérennes. Les spécialistes expliquent que l’atrazine se lie à la plastoquinone, une protéine de transport du système de photo-synthèse, inhibant le transport d’électrons.

Les produits de dégradation de l’atrazine et de la simazine « se déplacent dans les eaux et sont encore très présents dans l’environnement» , font remarquer les chercheurs de l’Inserm. L’atrazine est « un des herbicides les plus utilisés»  dans le monde et ses effets toxiques ou mortels sur l’embryon animal ont été dénoncées, suite à une exposition prénatale.

L’équipe de recherche s’est également intéressée aux insecticides organophosphorés, qui sont des insecticides de contact n’ayant pas besoin d’être véhiculé par la sève dans les végétaux pour agir sur les insectes qui les mangent. Ils sont « potentiellement toxiques pour la reproduction et le neurodéveloppement» .

La toxicité aiguë des organochlorés envers l’homme est relativement faible, dans les conditions normales d’utilisation, mais ce sont des substances très stables et bioaccumulables, donnant des produits de dégradation et de biotransformation (métabolites) encore plus stables, peu solubles dans l’eau, à faible tension de vapeur, d’où des problèmes d’accumulation dans les organismes et les écosystèmes via les chaînes alimentaires. Certains peuvent persister très longtemps dans les sols, les tissus végétaux et les graisses, ce pourquoi ils ont été interdits dans bon nombre de pays.

Les chercheurs de l’Inserm ont constaté que les taux de pesticides mesurés chez des femmes enceintes résidant en Bretagnesont encore inférieurs à ceux mesurés en Hollande et aux Etats-Unis.

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