Quatre médicaments antiviraux sont actuellement disponibles en France pour le traitement ou la prévention de la grippe A(H1N1)v : TAMIFLU® et OSELTAMIVIR PG® (oseltamivir), RELENZA® (zanamivir) et ZANAMIVIR IV (disponible uniquement par le biais d’autorisation temporaire d’utilisation [ATU] nominative dans le traitement de cas graves de grippe). Le second bilan national des effets indésirables des médicaments antiviraux, portés à la connaissance de l’Afssaps ne fait apparaître aucun signal particulier.
Entre le 1er octobre et le 27 décembre 2009, environ 1 092 693 boîtes de TAMIFLU® (gélules dosées à 30 mg, 45 mg et 75 mg ) ont été distribuées, dont 447 693 au mois de décembre. Sur l’ensemble de la période, 143 signalements d’effets indésirables ont été rapportés à l’Afssaps pour TAMIFLU®. Lorsque l’âge était précisé, les cas ont concerné 67 adultes et 69 enfants (dont 17 nouveau-nés ou nourrissons) et le traitement était curatif dans 100 cas, préventif dans 20 autres et préemptif dans 1 cas.
97 cas d’effets indésirables non graves ont été notifiés, dont 15 par des patients. Ils rapportent : • 19 cas de troubles gastro-intestinaux (essentiellement, douleurs abdominales, vomissements), • 13 cas de réactions cutanées (principalement des éruptions cutanées non spécifiées), • 10 cas de réaction de type allergique (principalement des rashs, urticaires, oedèmes), • 7 cas de troubles neurologiques (essentiellement des céphalées ou vertiges), • 7 cas de troubles psychiatriques (troubles du comportement, hallucinations, délire), • 4 cas d’atteinte hématologique ou trouble de la coagulation, • 3 cas d’infection, • 12 signalements divers tels que crise d’asthme, troubles généraux, conjonctivite, augmentation du rythme cardiaque, augmentation de l’activité des enzymes hépatiques, atteinte tendineuse, douleurs aux extrémités. Lorsqu’elle est connue (77 cas), l’évolution a été favorable après l’arrêt de TAMIFLU® dans la plupart des cas (53).
Enfin, 21 cas d’erreurs médicamenteuses, principalement des surdosages accidentels (dont 11 sans survenue d’effet indésirable) et un cas de mésusage sans survenue d’effet indésirable ont été rapportés. Par ailleurs, depuis le précédent bulletin, 26 cas ont été considérés comme graves*, (24 issus de déclarations par des professionnels de santé et 2 par un patient),soit un total cumulé depuis le 1e octobre de 46 cas graves. Dans 6 cas, la responsabilité de TAMIFLU® a été exclue ou jugée improbable en raison d’une chronologie peu compatible ou d’autres causes possibles. Il s’agit d’un décès de cause inconnue chez un patient atteint d’un cancer pulmonaire et d’une pathologie cardiaque ; d’une possible pneumopathie d’hypersensibilité (mais de délai de survenue peu compatible) associée à une sérologie positive à Legionnelle ; d’une insuffisance rénale dans un contexte de déshydratation (médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens associés) ; d’une toxidermie bulleuse chez une patiente ayant des antécédents d’hypersensibilité médicamenteuse (paracétamol et antibiotique associés) et d’épisodes répétés de bronchospasme chez une patiente atteinte de bronchopneumopathie chronique obstructive, traitée pour grippe. Le dernier cas rapporte la survenue d’une cytolyse hépatique, d’évolution favorable, chez un nourrisson atteint d’encéphalopathie convulsivante traité pour grippe A(H1N1)v, 2 jours après le début du traitement (les médicaments concomitants incluent Tegretol® et Aspegic®).
Une ischémie hépatique est fortement suspectée. Dans 18 cas, un lien avec le médicament ne peut pas être exclu. Ces notifications rapportent : • 7 cas de troubles du comportement incluant des cas d’hallucinations, de délires, de convulsions, de dépression (survenue après la fin du traitement) ou d’état confusionnel associé à une désorientation (interaction suspectée entre TAMIFLU®, alcool et médicaments psychotropes pour ce dernier cas). Six sont survenus dans le contexte d’un traitement curatif ; trois sont survenus chez patients âgés de plus de 65 ans, 2 chez des adultes de moins de 60 ans et 2 chez des enfants. • 5 cas de réaction de type allergique (4 cas d’urticaire/urticaire géante et 1 cas d’oedème de Quincke), • 3 cas de troubles gastro-intestinaux (nausées, vomissements, douleurs abdominales), • 2 cas d’éruptions cutanées, • 1 cas d’atteinte articulaire. Lorsque l’évolution est connue (15), elle est favorable dans tous les cas après l’arrêt de TAMIFLU®.
Enfin, 2 cas de fausse couche spontanée (à 8 et 10 semaines d’aménorrhée respectivement constatée 15 jours après l’arrêt du traitement et au 4e jour de traitement). A ce jour, aucune donnée ne permet de suggérer que l’oseltamivir pourrait favoriser le risque de survenue de fausse couche et donc de relier ces événements au traitement antigrippal. En dehors de tout traitement, il est important de rappeler que dans la population générale, le taux de fausse couche spontanée au premier trimestre de la grossesse et le taux de fausse couche tardive au début du second trimestre sont estimés à respectivement 20 % et 1,4 %.
* Effet indésirable létal, ou susceptible de mettre la vie en danger, ou entraînant une invalidité ou une incapacité importantes ou durables, ou provoquant ou prolongeant une hospitalisation, ou se manifestant par une anomalie ou une malformation congénitale. Source : Afssaps