Le dispositif de prise en charge de la grippe A/H1N1 sera bientôt élargi aux médecins généralistes, probablement à partir de la deuxième quinzaine de juillet, a annoncé la ministre de la Santé. « La médecine générale, en effet, est ce pilier qui soutient notre édifice commun », affirme Roselyne Bachelot. « Son développement est primordial, pour assurer, partout et toujours, une offre de soins de proximité et de qualité », précise-t-elle. Voici un extrait de son message :
La loi de 2004 a créé le parcours de soins et le médecin traitant. Aujourd’hui, 99,5 % des médecins traitants sont des médecins généralistes.
Dans la continuité de la loi de 2004, la loi « Hôpital, patients, santé et territoires », qui vient d’être adoptée, instaure les conditions d’une meilleure organisation de l’offre de soins sur le territoire et d’une modernisation des pratiques des professionnels de santé. Une nouvelle fois, la médecine générale est appelée à jouer un rôle capital.
Je tenais à profiter de ce 3e congrès de la médecine générale pour réaffirmer l’attention que je porte au développement et à la modernisation de la médecine générale, l’attention que je vous porte.
Face à l’urgence de la question de l’accès aux soins, et en dépit des pressions importantes pour chercher des solutions sur les voies de la coercition, j’ai fait, avec vous, le pari de l’organisation et de la modernisation.
Il existe à présent, dans la loi « Hôpital, patients, santé et territoires », une définition de la médecine générale de premier recours. Cette définition précise ses missions de soins et de prévention, mais aussi d’orientation des patients, de coordination, de respect des protocoles, de synthèse des informations ou encore de formation des plus jeunes.
Elle permettra de guider la montée en puissance de la filière universitaire de médecine générale, qui doit prendre toute sa place dans les facultés de médecine. Aucune profession ne peut évoluer si elle n’est pas portée par une formation universitaire solide, d’excellence et modélisante pour l’évolution de la profession.
La médecine générale doit devenir une spécialité universitaire à part entière, avec la dimension d’enseignement et de recherche conforme aux canons universitaires. Mais elle doit également bénéficier des moyens humains et matériels nécessaires à ce développement.
Dans le prolongement de l’important travail effectué avec ma collègue Valérie Pécresse sur ce sujet depuis 2 ans, le projet de loi prévoit ainsi la nomination de 20 professeurs, 30 maîtres de conférence et 50 chefs de clinique par an, pendant une période de quatre ans. J’entends que ces objectifs soient tenus.
J’ai également souhaité que la formation médicale continue et que l’évaluation des pratiques professionnelles soient simplifiées et réunies dans une même notion : le développement professionnel continu (DPC).
Il est nécessaire que la mise en œuvre du DPC se fasse sur une base professionnelle et pragmatique. C’est la raison pour laquelle je soutiens le développement des collèges de bonnes pratiques au sein de la fédération des spécialités médicales, présidée par le professeur Olivier Goéau Brissonnière.
Je sais que vous êtes très actif au sein du collège de médecine générale, et je vous en félicite. Je ne doute pas que vous saurez avancer rapidement dans la constitution de ces instances scientifiques professionnelles qui seront demain amenées à jouer un rôle important dans le DPC, mais également dans d’autres secteurs de l’organisation de notre système de santé. Pour cela, il sera nécessaire de donner un cadre institutionnel à la fédération des spécialités médicales et aux collèges. Je sais que le professeur Laurent Degos est également attaché à cette évolution.
Enfin, il convient que le développement de la recherche en soins primaires accompagne celui de la formation et du soin. Cette activité existe, elle doit pénétrer les activités professionnelles des enseignants bien entendu, mais également des étudiants et des médecins actuellement en exercice.
Par ailleurs, le projet de loi crée les instruments d’une modernisation des pratiques, en facilitant le développement et le financement des maisons de santé pluridisciplinaires et des pôles de santé. Les coopérations entre professionnels de santé seront généralisées, sur la base du volontariat et des besoins de santé locaux.
Je me réjouis, à ce titre, que vous ayez choisi pour votre 3e congrès le thème de la médecine générale et de la co-professionnalité et que, avant même la publication de cette loi au Journal officiel, vous vous saisissiez des outils qu’à votre demande, j’ai souhaité mettre à votre disposition.
Pour mieux répondre aux besoins de santé de la population, la télémédecine, définie et encadrée par le projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires », doit se développer.
Le projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires » prévoit également, à côté de l’indispensable modernisation des pratiques et de la formation, issue des demandes des professionnels, des mesures d’organisation de l’offre de soins :
? Dans chaque région, un SROS ambulatoire non opposable permettra de définir, sur chaque territoire, les besoins, en concertation avec l’ensemble des acteurs. Ce schéma donnera de la visibilité aux professionnels et permettra de faire converger les aides et les dispositifs d’incitation.
? Les étudiants et les internes seront formés dans les régions en fonction des besoins de la population.
? Un corps d’étudiants boursiers qui aura signé, sur la base du volontariat, un contrat d’engagement de service public garantira à la population une présence médicale dans les zones les moins dotées définies par les SROS.
? La permanence des soins ambulatoire pourra être organisée et financée en tenant compte des spécificités locales et en cohérence avec le reste de l’offre de soins régionale.
Elle reste bien sûr basée sur le volontariat.
Cette souplesse et cette adaptation de l’offre de soins aux besoins et aux spécificités locales, ce sont les agences régionales de santé, clé de voûte du projet de loi « Hôpital, patients, santé et territoires », qui les rendront possibles. 9 Vous en serez les partenaires légitimes. Je souhaite, en effet, que l’organisation opérationnelle de la santé au niveau régional se définisse et s’élabore en collaboration avec les acteurs de terrain. Je compte sur votre implication.
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